fbpx

Alors qu’une canicule historiquement précoce a touché la France, il devient de plus en plus évident que si nous ne changeons pas nos habitudes, il sera bientôt impossible d’endiguer le réchauffement climatique. Parfois rassurés par nos gestes du quotidien pour réduire notre consommation d’énergie, nous oublions souvent l’impact de nos usages en matière de nouvelles technologies. Par Dominique Chabot, entrepreneur récidiviste, ingénieur en intelligence artificielle et Président d’Ocode.

Au-delà de l’achat de terminaux et de la consommation de flux de données, les experts pointent de plus en plus du doigt les blockchains utilisées pour les transactions en crypto-monnaies. En effet, Bitcoin, la plus connue d’entre elles, est extrêmement énergivore et sa consommation énergétique équivalente à celle d’un pays comme l’Argentine.

Pourtant, toutes les blockchains ne sont pas à mettre dans le même panier. Si certaines utilisent une quantité astronomique d’énergie, à des fins essentiellement spéculatives, d’autres blockchains sont infiniment moins énergivores, et leurs finalités beaucoup plus vertueuses.

Les blockchain se suivent mais ne se ressemblent pas

Il existe deux principales familles de moteurs de Blockchain permettant de valider et de sécuriser les transactions  : celle de la « Proof of Work » (ou PoW), aujourd’hui utilisée par le Bitcoin et l’Ethereum, et la « Proof of Stake » (ou PoS).

La première famille (celle de la Proof of Work) fait appel à des « mineurs » pour valider les transactions. Elle est plus facile à mettre en œuvre, moins coûteuse mais est extrêmement énergivore. Chaque validation d’une transaction consomme environ 700 kilowatts-heure (kWh). En effectuant trois transactions en Bitcoin, un utilisateur dépense l’équivalent de sa consommation annuelle d’électricité (environ 2200 kwh).

En outre, le mineur ayant le plus de puissance – et donc consommant le plus d’énergie – sera le plus rapide à valider l’équation et recevra une récompense. Selon les données du Cambridge Bitcoin Electricity Network, la consommation électrique globale du Bitcoin serait de l’ordre de 125 térawatts-heure (TW/h), soit plus que des pays comme la Belgique ou la Finlande au cours d’une année.

La seconde technologie, dite de « Proof of Stake » (PoS), fonctionne selon un mécanisme de preuve d’enjeu. Concrètement, elle est basée sur l’utilisation active de son capital pour sécuriser et valider les transactions. Plus complexe à utiliser, elle est infiniment moins énergivore puisqu’elle consomme, selon les blockchains, entre 0,03 et 10 watts-heure par transaction (soit l’équivalent d’une recherche sur le Web via Google).

Le pouvoir de la blockchain ne se limite pas aux crypto-monnaies

Ce sont généralement les crypto-monnaies et leur volatilité qui retiennent l’attention du public et des médias. Pourtant, la technologie qu’elles utilisent, la blockchain, est vouée à bien d’autres usages que la spéculation. En tout premier lieu, elle permet de transmettre et d’enregistrer de l’information dans un registre infalsifiable et partagé de façon publique ou privée.

Grâce à cette traçabilité, ses applications et cas d’usages sont – ou seront bientôt utilisés – dans de nombreux secteurs : juridique pour la certification de documents ou de preuves, sociaux pour vérifier une identité numérique, ou que les dons à des associations sont bien versés au bon bénéficiaire, ou encore industriels pour authentifier ou identifier des objets trouvés, de valeur, transférer une propriété dans le cas d’une vente de seconde main, etc.

La blockchain apporte aux échanges de la confiance. Elle garantit la véracité des informations liées à un objet physique ou numérique, à une action ou à une personne. Elle est déjà utilisée pour, par exemple, prouver la provenance de certains produits alimentaires et leur sourçage équitable, pour identifier des objets retrouvés, ou partager des recherches scientifiques à travers le monde et accélérer le progrès tout en enregistrant les contributions de chacun.

Affirmer que la blockchain a un impact négatif pour la planète sans différencier leur consommation d’énergie équivaudrait à dire qu’un voyage a le même impact environnemental quel que soit le moyen de transport. La blockchain est un choix technologique et n’est pertinent qu’en fonction de l’usage qui en est fait. Est-il indispensable de miner pour spéculer sur la valeur d’une monnaie digitale ? Peut-elle permettre d’accélérer la recherche médicale ?

Bien utilisée, la blockchain peut avoir de multiples utilités sociétales ou environnementales. Il ne tient qu’à ses utilisateurs de s’engager et de soutenir des projets qui allient faible consommation énergétique et fort impact sociétal. Et pour ce faire, commencer par comprendre le fonctionnement de cette technologie et les conséquences de son utilisation. Il conviendra ensuite de faire le bon choix quant à l’usage qui en est fait.

© 2020 JBI ISOLATION
Site réalisé par La Perle Digitale